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Pour son premier jeu sur Nintendo DS, Mistwalker nous a gratifié d’un Tactical-RPG répondant au doux nom de Archaic Sealed Heat. Contrairement à la plupart des autres productions du studio, ce n’est pas Nobuo Uematsu qui est en charge de la musique du jeu puisque Hironobu Sakaguchi a confié la bande originale de son bébé à deux habitués du genre, j’ai nommé Hitoshi Sakimoto et Masaharu Iwata. Les deux compositeurs ont déjà collaboré maintes fois par le passé (Final Fantasy Tactics, Tactics Ogre, Stella Deus etc.) et nous ont prouvé tout autant de fois que leur alchimie fonctionnait à merveille. Reprenant du service sous la houlette de Sakaguchi, nos deux compères ont offert à l’OST de ASH un genre très proche de leur style harmonieux habituel, allant des morceaux militaires tactiques enjoués aux thèmes ambiants sombres en passant de temps à autre par un style lumineux plus doux. Sans attendre plus longtemps, je vous propose de découvrir plus en profondeur ce que renferme la bande originale de Archaic Sealed Heat.

CD1 :

01 – Main Theme

Sakimoto ouvre le bal et pas de doute à avoir, c’est bel et bien lui ! Son style si caractéristique est facilement identifiable à travers ce Main Theme très réussi introduit par une fanfare militaire chargée de cuivres et de chœurs. La mélodie est très jolie et l’ensemble est arrangé de manière orchestrale. Le morceau s’adoucit quelques instants mais l’apaisante flûte se voit vite détrônée par la fanfare qui revient très rapidement à la charge, encore plus enthousiaste qu’au début. Celle-ci s’achèvera de manière assez brutale. Dommage que le morceau soit si court mais rassurez-vous, ça ne l’empêche pas d’être bon, bien au contraire !

02 – Millinear Kingdom

Des violons très doux accompagnent une très jolie mélodie jouée par un glockenspiel. Le morceau se veut reposant et serein, à l’image du royaume de Millinear. A mi-chemin, Sakimoto abandonne le glockenspiel pour laisser la part belle aux violons qui, accompagnés cette fois-ci d’une harpe, seront toujours rassurants et calmes. Bénéficiant d’une durée bien plus correcte que son prédécesseur, cette piste très légère et teintée d’innocence vous fera assurément passer un très agréable moment.

03 – Everyday Scenery

C’est cette fois-ci au tour de Masaharu Iwata d’être sous les feux de la rampe. Pour sa première prestation sur l’OST de ASH, le monsieur fait une entrée plutôt discrète mais sympathique. Iwata nous livre ici une musique assez simple mais bien ficelée et dotée d’une mélodie enfantine très jolie. D’abord jouée par une flûte, ce sont ensuite des cuivres puis finalement des violons qui se relayent l’interprétation de ce thème ma foi fort agréable.

04 – Coronation

Comme le veut le titre, c’est une musique assez impériale à laquelle nous avons à faire et cette fois-ci, timbales et violons sont à l’honneur. Une mélodie assez légère jouée par un instrument à vent vient ensuite adoucir le côté solennel du morceau. Manque de pot, les violons viendront l’en déloger assez rapidement et clôtureront la boucle, longue de trente-trois secondes. Un morceau qui se contente de remplir son rôle uniquement.

05 – Aisya’s Tears

Quelques notes de piano suffisent à amener un peu de douceur dans ce monde de brutes. Cette mélodie à la fois douce et triste accompagne la cinématique d’ouverture du jeu au cours de laquelle la pauvre Aisya laisse s’échapper une larme pleine de chagrin et de colère d’avoir vu son royaume réduit en cendres par un serpent de flamme. On se demande finalement si ce n’est pas nous qui sommes plus à plaindre car ce thème fort joli est malheureusement bien trop court (0:21). On regretterait presque qu’Aisya ne pleure pas plus longtemps…

06 – Flame Serpent

Quand on parle du loup (même si, en l’occurrence, s’agit plutôt d’un serpent)… Iwata nous revient avec un morceau assez stressant, décrivant plutôt bien le danger et la désolation que représente le Serpent de Flamme. Des violons saccadés et des cuivres assez grinçants viennent soutenir ce sentiment d’insécurité et de menace. Si l’écoute pure et dure de ce morceau sombre est assez difficile, c’est ingame que le résultat s’avère convaincant.

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07 – Sortie

Ce petit jingle sert à introduire un nouveau chapitre. Cette reprise du thème principal est composée uniquement de cymbales, de cuivres et de timbales. Sympathique mais ne nous y attardons pas.

08 – Bullnequ’s Battle

Oh ! De l’authentique Sakimoto ! Voilà un thème de combat qui représente parfaitement son style unique et harmonieux. Si, au départ, l’engouement du morceau le rendrait presque triomphal, la trente-neuvième seconde nous fait dire le contraire puisque l’ambiance, toujours entraînante, devient plus inquiétante, plus triste. Les violons amènent cette sensation de tragédie qui se voit par la suite renforcée quand les roulements de tambour s’arrêtent pour céder leur place aux chœurs glacials. Arriverait-il malheur au Régent du Royaume de Millinear ? Cette piste très réussie tend à nous prouver que oui.

09 – End of The Battle

Le Victory Fanfare du jeu. Récolte d’XP, d’argent et d’objets, bonjour !

10 – Beast of The Flame

Un départ sombre et langoureux pour une piste qui laisse présager un sentiment de mystère et de danger. Iwata nous a concocté ici une piste sombre difficilement appréciable lorsque celle-ci se retrouve hors de son contexte. C’est donc durant le jeu que cette track fait ressentir au joueur cette sensation lugubre qui émane des violons et des cuivres. Néanmoins, on a quand même vu mieux dans le genre et de la part d’Iwata.

11 – Ash Soldiers

Revoilà Sakimoto mais dans un style plus redondant. Habituels roulements de tambour et violons serviront à représenter les Guerriers de Cendres. Très militaire, la piste reprend une partie du Main Theme de manière assez enjouée. En soit, le morceau n’est pas mal mais son écoute prolongée devient très vite rébarbative. Que ceux qui n’aiment pas la lourdeur made in Sakimoto passent leur chemin.

12 – Please Take Care

Le thème des combats ! Alors, est-il bien ? Malheureusement, la réponse est non, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la courte durée de la boucle : 40 misérables secondes. Pas très malin de la part d’Iwata lorsqu’on sait qu’il s’agit de l’une des musiques les plus récurrentes du jeu. Ensuite, la piste n’est pas entraînante pour un sou, les cuivres sont indigestes et mous et les quelques petites envolées au violon soutenues par des cymbales ne parviennent pas à rehausser le morceau à un niveau convenable. Une franche déception en somme. Monsieur Iwata, vous nous avez habitué à beaucoup mieux que ça !

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13 – Rebirth

Le titre est assez révélateur de la scène qu’accompagne cette musique. Se situant au tout début du jeu, cette scène lance l’intrique du scénario de ASH puisqu’Aisya assiste à la résurrection d’un de ses plus proches compagnons, réduit préalablement en cendres par le Serpent de Flamme. La piste n’est pas vraiment une musique à proprement parler mais plutôt une ambiance sonore. Passons à la suivante.

14 – Let’s Take Up Arms

Des cuivres saccadés et des timbales introduisent avec vivacité ce morceau militaire entraînant et sérieux. Iwata n’a pas le temps de rigoler puisque très vite des roulements de tambour et des violons s’invitent à la fête, malheureusement de courte durée puisque celle-ci s’achève au bout de 0:35. Je crois que Masaharu a fait le pari de composer des boucles de moins d’une minute pour l’OST de ASH. A ce train-là, il va gagner… Hein ? La piste ? Comme d’habitude : ça colle bien au jeu mais sa simple écoute est franchement pénible.

15 – It’s Thanks To Everyone

« Chapter Clear », voilà ce qu’affiche l’écran de votre DS lorsque vous entendrez ce jingle. Cette sympathique reprise du Main Theme sera votre récompense pour avoir réussi à clôturer un chapitre du jeu avec succès.

16 – Aisya’s Theme

Enfin quelque chose plus consistant à se mettre sous la dent ! Sakimoto offre un thème des plus réussis à la belle princesse Aisya. Agréable, léger et lumineux, on se laisse vite emporté par la douce mélodie à la flûte, accompagnée de très jolis tintements et d’une harpe délicate. A la vingt-septième seconde, on peut entendre une reprise assez rafraîchissante du thème principal du jeu, rappelant alors le statut d’héroïne de la jeune Aisya. Une mélodie jolie et rayonnante pour un morceau qui l’est tout autant et qui apporte un peu de fraîcheur au milieu de tous ces thèmes militaires sombres.

17 – ASH

Avec un titre comme ça, il ne fallait pas s’attendre à autre chose qu’une reprise du Main Theme, il s’agit de la musique de la WorldMap. Nettement moins enjouée que la plupart des autres versions du thème principal, cette piste se veut plus posée et assez mystérieuse. Des percussions étranges et des chœurs discrets entretiennent cette ambiance particulière qui accompagnera vos errements, rarement de longue durée, sur la carte du monde du jeu. Un morceau correct mais sur lequel on ne reviendra pas vraiment.

18 – Team Tactics

Vous désespériez de trouver un très bon morceau sur cette première galette ? C’est le moment de vous pencher sur cette piste particulièrement géniale ! Iwata nous livre ici un thème militaire léger et très agréable. Des timbales assez entraînantes ainsi que des violons saccadés servent d’introduction. Une flûte très malicieuse entame sa prestation et offre à nos oreilles une mélodie particulièrement bien construite et vraiment chouette. La flûte se tait quelques instants pour laisser libres cuivres et percussions de poursuivre le morceau sans elle. Elle viendra néanmoins clôturer brillamment la boucle de, devinez combien de temps ? Bingo, 0:48 ! Allez, ne soyons pas mauvaise langue surtout lorsqu’il s’agit d’un des meilleurs morceaux de l’OST. Iwata, c’est comme ça qu’on t’aime alors tu sais ce qu’il te reste à faire !



19 – Samnelshia Army

Visiblement, Iwata ne savait pas ce qu’il lui restait à faire puisque qu’après l’excellent Team Tactics, il nous régale d’un des pires morceaux de l’OST. Sensé être un thème militaire, le morceau ne remplit absolument pas son rôle en plus d’être tout simplement moche. Finalement, faire des morceaux courts n’est pas une si mauvaise idée dans certains cas.

20 – The Green Woods

Toujours Iwata mais en bien meilleure forme cette fois-ci (heureusement, parce que pire…). Introduit par des pizzicatos, un violon et une flûte, la légèreté et la naïveté du morceau lui confère une fraîcheur indéniable. La flûte s’arrête en même temps que le violon, laissant les pizzicatos seuls quelques courtes secondes. Le violon revient, accompagné de cuivres discrets, et la flûte fini par les rejoindre à 0:36. La mélodie à la flûte est assez drôlette et les violons demeurent toujours très doux et les pizzicatos, malicieux. Sans être exceptionnel, ce morceau apporte une certaine bouffée d’air frais et reste un moment musical plutôt sympathique.

21 – People of the Forest

Voilà que notre deuxième sens est délicatement happé par une harpe discrète. Teintée de mélancolie, la douceur mystérieuse des premières secondes nous souffle à l’oreille que le morceau va être des plus réussis et je peux vous assurer que c’est bel et bien le cas. A la huitième seconde, une flûte et des chœurs très légers prennent part au morceau et continuent à entretenir l’aura de mystère qui émane de la harpe. A la trentième seconde, les chœurs, soutenus par des pizzicatos presque effacés, se montrent légèrement moins timides et se voient rejoins par des tintements très fins. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le cuivre et les timbales de la quarante-septième ne brisent en rien la douceur et la délicatesse du morceau. Précisons également que la mélodie d’ensemble est très jolie rend cette piste vraiment délectable. Une des meilleures œuvres de cette OST, signée Hitoshi Sakimoto.

22 – An Iron Mechanism

Histoire de rompre avec la piste précédente, Sakimoto nous livre ici une composition nettement plus dynamique mais tout aussi réussie. Rythmée principalement par des percussions et des cuivres, la piste ne cessera de croître en intensité puisqu’à la vingt-deuxième seconde, des violons viendront enrichir le morceau. Les cuivres et les percussions redoubleront de puissance à la trente-septième seconde jusqu’à la quarante-neuvième seconde où nos oreilles pourront savourer un passage vraiment remarquable. Une mélodie vraiment belle, illustrant à merveille l’empressement et la détresse, vient alors ponctuer le morceau. On pourrait peut-être regretter que ce passage ne gagne pas plus en intensité à ce moment-là mais ça n’empêche pas d’être vraiment bon. Une très bonne prestation de Sakimoto.

23 – Cootorolan’s Theme

Cootorolan, le gentil robot qui accompagnera Aisya dans son périple, se voit gratifié d’un thème rien qu’à lui. Le choix des percussions et leur dispersion tout au long du morceau alimentent l’ambiance loufoque de cette piste, introduite par des pizzicatos. A la dixième seconde, une flûte viendra interpréter une mélodie assez joviale jusqu’au moment où des percussions plus lourdes et des chœurs assez sombres viendront agrémenter l’ensemble. Le morceau oscille entre légèreté et moments plus sombres pour un résultat réussi et en parfaite adéquation avec le personnage.



24 – Machinist Army

Iwata nous revient avec un thème d’armée bien plus convaincant que son premier essai. Un roulement de tambour puis une cloche amorcent le début de la piste où violons et cuivres endosseront les rôles principaux. Des timbales viennent marteler judicieusement la tragique mélodie qui, toujours sérieuse, deviendrait presque menaçante sur la fin de la boucle. Cette seconde partie du morceau se montre un peu moi efficace que la première mais qu’importe, le résultat est très satisfaisant et le sieur Masaharu s’en tire avec les honneurs.

25 – Light of Destiny

Musique accompagnant une des scènes cinématique du jeu, Light of Destiny est un morceau très rapide, sombre et inquiétant durant les sept premières secondes. Les violons, accompagnés de chœurs discrets, s’adoucissent quelques peu puis s’achèvent sur les quelques notes d’une harpe mystérieuse venant clôturer le morceau. Une fois de plus, cette piste prend tout son sens durant le jeu puisque sa simple écoute n’a, finalement, que peu d’intérêt.

26 – Underground Labyrinth

On revient à quelque chose de plus ambiant et le violon lent pesant nous le fait sentir dès les premières secondes. Une harpe peu rassurante contribue à cette atmosphère inquiétante mais celle-ci semble presque se métamorphoser lorsqu’elle amorce un passage plus lumineux à la trentième seconde. Le morceau devient alors moins dense et les violons, accompagnés d’un xylophone, deviennent alors plus rassurants. Un cuivre apaisant vient renforcer cette impression de sérénité grandissante car Sakimoto a eu la brillante idée de prendre son temps afin de faire évoluer l’atmosphère du morceau de manière considérable tout en paraissant naturelle. La reprise de la boucle s’effectue à 1:38 où l’on replonge alors inévitablement dans l’atmosphère sombre du début mais on ne vous en voudra, monsieur Sakimoto, car cette track reste agréable et réussie.

27 – Ancient Hatred

Voici un morceau entraînant et inquiétant signé Masaharu Iwata. Violons et cuivres saccadés s’entremêlent au rythme des tambours militaires durant les trente-cinq premières secondes. L’ambiance du morceau prend ensuite une tournure légèrement différente puisque celle-ci devient alors plus inquiétante mais aussi plus désespérée. C’est plutôt réussi mais une fois de plus, on appréciera surtout en jouant plus qu’en l’écoutant.

28 – Music Box of Memories

Alors que l’on pensait que Sakimoto et Iwata étaient les seuls compositeurs du projet, voilà qu’un troisième larron s’invite sur l’OST. Malheureusement, ne sachant presque rien de lui (hormis le fait qu’il ait participé à la composition de Fullmetal Alchemist and the Broken Angel sur PS2), je ne peux vous en dire plus sur cet inconnu répondant au nom de Tustomu Kasai et il sera bien difficile d’émettre un avis sur sa seule composition car celle-ci ne dure que 21 secondes (un concurrent pour Iwata ?). Néanmoins, en si peu de temps, l’homme est parvenu à créer une très jolie mélodie de boîte à musique. Douce, jolie et teintée de nostalgie, la mélodie de quelques secondes est cruellement courte tant celle-ci est encourageante et réussie. La vitesse du morceau diminue au fur et à mesure que les secondes s’écoulent jusqu’à la 21ème seconde où celui-ci s’achève tout en douceur. Vraiment dommage qu’elle soit si courte… Merci et au revoir Monsieur Kasai.

29 – Flame and Rebirth

Une nouvelle piste d’ambiance sombre signée Iwata. L’utilisation d’un hautbois change un peu des habituels violons et cuivres. Ah, je n’ai rien dit, le hautbois vient de se faire expulser dix secondes après son entrée par un violon assez fin mais par aussi par un cuivre assez… moche. Grinçant et grave, ce dernier enlaidit plus le morceau qu’autre chose et contraste très nettement avec les chœurs assez jolis venant entretenir l’aura de mystère qui se dégage de cette piste très moyenne.

30 – Maritie’s Theme

Si l’on pouvait s’attendre à une mélodie plus marquée pour représenter un thème de personnage, il n’en n’est rien. Le début laisse présager le meilleur et les tintements de cloches sont assez sympathiques. A la dix-neuvième seconde, une agréable mélodie au violon se fait entendre mais celle-ci s’arrête un peu tôt et c’est assez regrettable car celle-ci constituait la partie la plus intéressante mais aussi la plus jolie du morceau. Le reste n’est qu’un enchevêtrement de chœurs et de violons sans grand intérêt, ce qui est assez dommage car le personnage de Maritie aurait vraiment mérité un thème digne de ce nom.



31 – Naval Battleship Barusa

Enfin ! Iwata se réveille un peu ! Voilà un thème nettement plus intéressant que ces précédents travaux. Très enjoués, violons et roulement de tambours interprètent en premier lieu une chouette mélodie militaire qui se verra ensuite soutenue par des cuivres claironnants. A la trente et unième seconde, le violon reviendra sur le devant de la scène avec une mélodie assez rafraîchissante et très entraînante, rythmée par des roulements de tambour légers et efficaces. Cette réussite musicale tend à nous rassurer quant au savoir-faire d’Iwata, quelque peu absent lors de ses dernières compositions.

32 – Machinist Soldier Factory

Ça faisait un petit moment que nous n’avions pas eu l’occasion d’ouïr un peu de Sakimoto. Ce dernier nous revient avec un morceau assez étrange où une ambiance sombre prédomine, menée par des cuivres imposants et des percussions assommantes. A la vingt-deuxième seconde, le morceau s’adoucira et les lourdes percussions céderont leur place à de fines cymbales et une harpe assez discrètes. Même si, dans l’ensemble, le morceau n’est pas laid, il s’agit encore d’une fois d’une piste d’ambiance dont l’écoute pure et dure n’a pas grand intérêt.

33 – Mercenary of the Wind

Iwata revient mais ne se rendort pas car celui-ci nous livre une prestation très sympathique ! Une jolie mélodie assez vive introduit le morceau mais, à la cinquième seconde, celui-ci s’assombrit et se fait mystérieux jusqu’au retour de la mélodie de départ à la dix-huitième seconde. Par la suite, le morceau entamera une passe plus triste, drainée par une mélodie au violon vraiment belle. De courte durée, ce moment de tristesse s’orientera finalement vers quelque chose de légèrement plus enjoué avant de s’assombrir définitivement et de clôturer la boucle longue d’une minute et trois secondes ! Ce morceau a décidément tout pour plaire. Plus sérieusement, il est assez intéressant de voir comment Iwata arriver à jongler entre les ambiances et de constater que d’un seul et même morceau peut découler des sentiments assez différents. Une vraie réussite de la part du monsieur.



34 – Climax

Musique accompagnant une scène cinématique, Climax fait plus office de cacophonie reprenant quelques notes du Main Theme que d’un morceau digne de ce nom. Suivant.

35 – The King’s Ambition

Un violon sombre et inquiétant introduit les premières secondes de cette piste, une ambiance louche assez bien réussie en émane quasi-instantanément. A la cinquième secondes, les violons, devenus saccadés, se mêleront à un xylophone intrigant et tous deux continueront à alimenter cette ambiance peu rassurante. On notera la présence de quelques percussions assez bien choisies bien qu’un peu timides. Bien que plat, ce morceau peut se vanter d’avoir une ambiance réussie mais cela ne suffira pas à rendre son écoute réellement captivante.

36 – To You

Musique d’une cut scene, To You démarre dans un brouhaha sonore assez désagréable où harpe et percussions s’entremêlent mais heureusement, le morceau prend une autre tournure à la sixième seconde : Un violon assez héroïque et entrainant prendra le relais pour un résultat des plus plaisant avant d’être rejoints par des cuivres et autres violons encore plus entraînants. L’ensemble s’adoucit à la trentième seconde pour laisser la place à une harpe et un glockenspiel très toux. C’est dans cette atmosphère paisible que le morceau s’achève. Comme d’habitude, l’écoute pure et dure ne procure que peu de plaisir aux oreilles car son véritable intérêt provient de la scène qu’il accompagne.

37 – An Enormous Machinist Soldier

Violons et timbales saccadés puis cuivres militaires seront une fois de plus de la partie et ce durant les trente-cinq premières secondes. Les timbales se feront alors plus ponctuelles nous offrirons un jeu de roulement plutôt sympathique. La mélodie militaire assez grave est correcte et correspond bien à ce qu’on pouvait attendre de cette piste. Si ce genre de morceau se révèle plutôt réussi durant le jeu et plutôt bien construit, la simple écoute, elle, est vraiment agaçante, surtout lorsqu’on l’écoute plusieurs fois d'affilées pour en faire la critique. Vite, la suivante !

38 – Despair

Reprenant le thème principal, Despair n’est autre que le Game Over du jeu. Court, comme vous pouvez vous en douter, il reste néanmoins sympathique et agréable à écouter, notamment grâce à sa douce flûte traversière et ses violons en fond. Un hautbois très joli ainsi qu’une harpe délicate viendront clôturer cette piste en se chargeant de laisser un petit sentiment de tristesse, comme tout Game Over digne de ce nom.

39 – Unescapable Sadness

Une froide cymbale introduit ce morceau à la fatalité évidente. Un violon, mêlé à une cloche funeste, instaure dès le début du jeu une ambiance particulièrement tragique et grave. A la treizième seconde, des cordes et des cymbales saccadées rythmeront une triste mélodie au violon. A la quarante-huitième seconde, une harpe se fera une place entre les violons lancinants et les cloches glaciales afin de clôturer avec justesse la boucle du morceau. Une piste qui, au final, porte bien son titre puisqu’un sentiment de tristesse semble inévitable à l’écoute de celle-ci. Si on pourrait lui reprocher d’être, somme toute, banal, force est de constater que notre cher Iwata nous livre ici une prestation pour le moins réussie.

40 – Solitude

Tiens, encore des cloches, des violons ainsi qu’une harpe en guise d’accompagnement ! Oui mais cette fois, le morceau ne se contente pas d’être correct car c’est une très bonne piste que Iwata nous offre là et la beauté de la mélodie n’y est pas innocente. Après sept premières secondes répétitives, la mélodie principale, tout au violon, fait son entrée et là, on savoure. Bien qu’elle ne soit pas exceptionnelle, celle-ci reste vraiment agréable et réussie, cela est d’autant plus vrai que l’ensemble du morceau, bien que simple, reste très cohérent. Masaharu n’en fait pas trop et c’est justement ce qui fait que la piste se laisse écouter sans interruption. Dès lors, une impression de solitude ne peut qu’en découler… Un morceau qui ravira puisque, contrairement à la majorité des pistes de cette OST, celle-ci fait un peu plus que de se contenter de remplir son rôle. Dommage que le travail de Iwata n’ait pas été de ce niveau tout au long de cette bande originale.

41 – I Will Also Fight

Mieux vaut tard que jamais, voilà le thème des boss ! Le début, assez stressant, est joué par des violons saccadés qui céderont vite leur place à des violons plus enjoués et plus impérieux. Surplombant des roulements de tambour entraînants, les instruments à cordes se retrouvent rapidement à interpréter le Main Theme du jeu, secondés par des cuivres. A la trente-deuxième seconde, le morceau perd en enthousiasme ce qu’il gagne en noirceur. Une atmosphère de danger s’installe mais roulements de tambour et les cymbales agaçantes (car bien trop fréquentes) viennent nous rappeler qu’il s’agit bel et bien d’un thème de combat. A la cinquante et unième seconde, le morceau redevient plus optimiste et plus léger avant de clôturer avec entrain la boucle du morceau, qui viendra s’ajouter à la liste déjà trop longue des morceaux trop courts de cette bande originale. Néanmoins, cette track reste sympathique (surtout le début) même si l’on ne s’y attardera pas plus que ça.

42 – Level Up

Hum…

43 – The Will of The Planet

Le morceau démarre avec des cuivres mystérieux, rapidement rejoins par une flûte très douce et une harpe discrète et triste. Très paisible, ce morceau n’est pas sans rappeler The Skycity Of Bhujerba ou encore A Moment’s Rest, tous deux issus de l’OST de Final Fantasy XII. Bien sûr, on retrouve le style si particulier de Sakimoto dans beaucoup de morceaux de l’OST mais ici, la ressemblance m’a sauté aux yeux (enfin, aux oreilles plutôt). Vu le travail accomplit par Hitoshi pour Final Fantasy XII (indiscutablement un de ses meilleurs travaux), cette comparaison est un gage de qualité. The Will of The Planet est une vraie réussite, son calme apaisant, son ambiance sereine et sa jolie mélodie en font un des meilleurs morceaux de l’OST de ASH.

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44 – The Battle With History

Ou le Last Battle de l’OST si vous préférez. Personnellement, j’ai toujours accordé une grande importance aux thèmes de combats finaux et je dois que celui-ci m’a particulièrement plu en dépit de sa trop courte durée (une boucle de 1:05). Sakimoto fait alterner avec maîtrise moments de désespoir, passages héroïques, rythmes diablement entraînants, mélodies encourageantes et tristes. Cuivres et timbales seront principalement à l’honneur mais les habituels violons et autres percussions y trouveront, naturellement, une petite place. Bref, Sakimoto nous offre encore une fois un moment musical réellement convaincant et très plaisant, loin du grand vrac sonore que nous aurions pu redouter. On regrettera simplement que celui-ci ne soit pas plus long. Bien que ce Last Battle ne révolutionne pas le petit monde de la VGM, on ne pourra lui enlever ses qualités intrinsèques et le plaisir que son écoute procure. Bravo à monsieur Sakimoto !

45 – Transmission of the Soul

Sortis triomphants de leur ultime combat, une heureuse conclusion s’offre alors à nos héros au cours d’une des dernières scènes cinématique du jeu. Une sensation d’apaisement et de victoire émanent de la douce et jolie mélodie qui ne durera que vingt-cinq secondes. Une piste agréable mais sa courte durée la rend plus anecdotique qu’autre chose.

46 – To The Future

Pour cette dernière piste, le travail de Sakimoto alterne entre mystère, sérénité et ambiance militaire. Le tout est même saupoudré d’un soupçon de nostalgie. Le monsieur n’omet évidemment pas de reprendre le Main Theme du jeu et nous livre ici une très sympathique conclusion pour l’OST de Archaic Sealed Heat. Le début mystérieux et assez retenu sera vite balayé par la joie et l’engouement émanant des notes du thème principal, joué par un bel instrument à vent et soutenu par des violons et un xylophone. Des cymbales viendront ponctuer de temps à autre le morceau pendant que cuivres et violons fanfaronneront victorieusement de la moitié du morceau jusqu’à la fin de celui-ci, le laissant s’achever triomphalement afin que nous autres, auditeurs, restions sur un réel sentiment de victoire. Sakimoto conclue donc l’OST avec un morceau plus que convenable.



Conclusion :


Si savoir Sakimoto et Iwata de nouveau réunis sur un même projet avait de quoi réjouir, force est de constater que les deux messieurs nous livrent ici une bande originale assez décevante. Si, par le passé, on ne compte plus le nombre de fois où le duo a brillé de mille feux, là, c’est à peine s’il arrive à faire des étincelles. Sakimoto, plus productif que son confrère, parvient heureusement à maintenir l’OST à un niveau plus que correct. On ne peut pas en dire autant de Masaharu Iwata qui, malgré quelques pistes excellentes, encombre l’OST de morceaux réellement mauvais ou indigestes et lorsqu’on connaît le talent du compositeur, la déception n’en est que plus retentissante. On constate également que le tandem n’a absolument pas cherché à se renouveler mais franchement, qui s’y attendait ? Le problème de ce non-renouvellement est qu’aucune véritable saveur ou identité particulière n’émane de cette OST et c’est ce qui constitue son plus gros point faible. De plus, son orientation très ambiante rend sa simple écoute vraiment difficile à appréhender et fait que cette bande son est réellement indissociable du jeu qu’elle accompagne. Cependant, nos deux compères ont offert à cette bande originale quelques pistes qu’il serait bien dommage de rater et qui méritent votre attention. Malgré l’amertume qu’elle peut laisser, je vous invite malgré tout à découvrir l’OST de Archaic Sealed Heat mais de préférence avec le jeu qui, lui, vous fera passer, à n’en pas douter, de très bons moments.

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