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Nobuo Uematsu est un homme qui ne manque pas d’activité ! Quand celui-ci ne compose pas pour les diverses bandes originales qu’on lui confie ou qu’il ne travaille pas sur le prochain album des Black Mages, il prend le temps de donner des concerts de ses compositions un peu partout dans le monde. Ayant principalement lieu au Japon et aux Etats-Unis, voilà que depuis quelques années, certains de ses travaux échouent dans des concerts symphoniques Européens dédiés au Jeux Vidéo, notamment les fameux concerts PLAY!

Le dernier concert qu’a donné Nobuo eut lieu non loin de chez nous puisqu’il se déroula à Florence en Italie le 26 octobre dernier dans le cadre du « Festival della Creatività » où se sont rassemblés artistes et créateurs en tout genre (peintres, musiciens, inventeurs...). Mistwalker Fr vous propose de revenir sur cet évènement musical au cours duquel Nobuo Uematsu lui-même nous a honoré de sa présence.

Benvenuti a Firenze !

Situé au Nord-ouest de l’Italie, Florence est une ville de 368 000 habitants où y fleurit un tourisme abondant puisque pas moins de 9 400 000 visiteurs y séjournent chaque année. Outre son statut de capitale de la Toscane, ce qui en a fait sa renommée est son grand nombre de musées et de monuments historiques, s’élevant respectivement aux nombres de 68 et 6000.



Mois d’octobre oblige, Mère Nature nous offrait son habituel feu d’artifice jaune et orangé et sa fraîcheur automnale, heureusement que le soleil daignait se montrer de temps à autre malgré les nuages persistants. A l’extrémité nord de la ville se dresse la fameuse Fortezza da Basso, lieu où tenait le Festival della Creatività pour la deuxième année consécutive. 40 pays y étaient représentés à travers plus de 1600 artistes et créateurs. Si vous souhaitez en savoir plus sur cet évènement, vous pouvez vous rendre sur cette page. Passons désormais à la partie la plus intéressante de cet article : Le concert symphonique de Nobuo Uematsu.

Les vacances de Nobuo en Italie.

Afin de garantir à tous les fans présents d’assister au concert, deux représentations furent organisées : une première à 19h30 et une deuxième à 21h00. Après une attente qui parut interminable, les vigiles eurent enfin la brillante d’idée de commencer à laisser passer les fans impatients. Les spectateurs furent alors répartis dans la salle en fonction du prix de leurs billets (allant jusqu’à 33€).

Entrée des spectateurs


Quelques minutes après avoir pénétré dans la salle, les instrumentistes de l’orchestre entrèrent à leur tour avant de monter sur scène sous les applaudissements de la foule. Une fois qu’ils furent tous installés, ce fut au tour du chef d’orchestre d’arriver sur scène et d’être accueillit de manière tout aussi chaleureuse. Mais tout ceci ne fut rien à côté du tonnerre d’applaudissements et d’hystérie que provoqua l’entrée pourtant discrète d’un certain moustachu. Entouré de gardes du corps, l’illustre Nobuo Uematsu pénétra presque timidement dans la salle et pris place au premier rang. Des fans s’empressèrent d’accourir jusqu’au compositeur dont le visage laissait deviner à la fois sa joie et sa gène. Une fois l’assemblée calmée par les vigiles, le chef d’orchestre serra la main au premier violon et agita enfin sa baguette. Le concert pouvait alors commencer.

The show is about to begin !


La première longue note de l'Opening ~ Bombing Mission de Final Fantasy VII se fit alors entendre dans la salle. Identique en tous points à la version des concerts de 2004 nommés « Tour de Japon », la musique d’ouverture d’un des plus grands RPGs de Squaresoft ne manqua pas de faire vibrer la salle toute entière. A la fin de cette dernière, acclamée avec enthousiasme par la foule, une autre musique d’ouverture emblématique de la saga retentit dans toute la salle. Nous nous demandions bien pourquoi durant le premier morceau toute une rangée de choristes surplombait l’orchestre. La réponse nous apparut alors évidente quand ces mêmes choristes laissèrent s’échapper ces quelques mots : Fithos, Lusec, Wecos, Vinosec. Tout le public se figea, complètement subjugué par le spectacle qui s’offrait à leurs yeux et surtout à leurs oreilles. Pas de doute, se prendre Liberi Fatali dans la face en vrai et tout, ça calme, et pas qu’un peu.

Après le départ des choristes (mais mon petit doigt me dit qu’ils finiront bien par revenir), c’est ensuite au tour d’une des pièces préférées de Nobuo de venir flatter le sens auditif des spectateurs : le très beau At Zanarkand. L’arrangement est lui aussi issue des concerts « Tour de Japon » et reste toujours aussi beau, notamment grâce à son passage inédit au milieu du morceau, superbe et mélancolique à souhait. Si le plus émouvant morceau de Final Fantasy X nous paru absolument merveilleux, ce ne fut rien en comparaison ce qui allait suivre… Même si, selon moi, aucune version orchestrale n’est véritablement parvenue à égaler la version du Piano Collection, ce fut quand même un vrai régal de savourer le fantastique et inoubliable thème de Tina. Malgré les années, ce morceau demeure un des plus beaux de la saga mais aussi un des des plus beaux qu’ait composé notre cher moustachu. L’arrangement de ce dernier, provenant du fameux concert 20020220, se veut très triomphal et soutien avec brio la mélodie qui nous a accompagné durant des heures sur la mappemonde de Final Fantasy VI. La foule pu remercier avec force et entrain l’orchestre ainsi que l’auteur de ce divin morceau. Après tout, ils l’avaient bien mérité.

Pour rester dans l’ère des premiers Final Fantasy, l’orchestre nous proposa un Medley réunissant des morceaux de Final Fantasy I à III. Un choix ô combien plaisant qui nous permis de nous rappeler que Nobuo n’a pas attendu la Super Nintendo pour composer de sacrées merveilles ! Egalement tiré du 20020220, les plus beaux thèmes de Final Fantasy de l’époque Famicom eurent droit à leur moment de gloire. Et quoi de mieux pour commencer ce medley que l’indémodable Prelude ? Après avoir fait parcourir d’un frisson chaque spectateur présent dans la salle, le Prelude céda la place au très joyeux Main Theme de Final Fantasy premier du nom. Un autre merveilleux thème du tout premier opus de la saga se fit ensuite entendre : il s’agit du célèbre Matoya’s Cave ! D’habitude très enjoué, la version de ce medley était très calme et assez lente mais n’en oubliait pas pour autant sa légèreté. Petit-à-petit, la musique s’adoucit, ne laissant plus que sur le devant de la scène des timides violons accompagnés d’une harpe très douce. Un des plus beaux, une des plus émouvants mais aussi un des plus évasifs thèmes de la saga s’invita à ce medley. Je parle bien évidemment du superbe Elia’s Theme. Dur de rester impassible devant tant de beauté car toute la sensibilité et le talent de Maître Uematsu sont parfaitement retranscrits à travers cette seule mélodie, sublimée par l’orchestre. Relaxant à souhait, cette piqûre de rappel est des plus agréables mais ce moment de douceur se voit finalement être dérangé par un thème plus loufoque et bien connu des amoureux de Final Fantasy duquel découle autant d’amusement que de nostalgie : Le thème des Chocobos. Impossible de ne pas se rappeler des nombreuses excursions passées sur le dos de ses adorables créatures jaunes à sillonner les moindres recoins de chacun des épisodes de la série. Et pour finir en beauté ce medley savamment arrangé par Shiro Hamaguchi, rien de tel qu’un des plus inoubliables thèmes du second opus de la saga : le superbe Rebel Army Theme ! Aussi héroïque que triomphal, l’arrangement, qui laisse la part belle aux cuivres, gagne un peu plus en puissance au fur et à mesure que les secondes s’écoulent. Soutenu par la suite par des roulements de tambour de plus en plus imposants et de superbes violons (bien que ces derniers soient quelque peu éclipsés par les cuivres), le morceau s’achève avec triomphe et puissance. Décidément, ce medley est à la fois un très beau cadeau pour tous les spectateurs mais aussi une chouette rétrospective et un bien bel hommage au passé musical de la série Final Fantasy.



L’orchestre délaisse quelques instants les prestations du sieur Nobuo de son temps chez Square pour nous pencher sur des créations plus actuelles. Au programme : deux morceaux de Blue Dragon et un morceau de Lost Odyssey. De quoi permettre au public de découvrir ses œuvres les plus récentes et même un morceau inédit puisque l’OST de Lost Odyssey n’est pas encore sorti à l’heure où j’écris ces lignes (et j’ai même envie d’ajouter que je commence à crever d’impatience de voir arriver le 19 décembre). De Blue Dragon seront interprétés le très joyeux et entraînant Main Theme ainsi que la douce et très belle Waterside ~for Piano and Orchestra~. Puisque ces deux morceaux sont exactement les mêmes que sur l’OST de Blue Dragon et que ces derniers ont été déjà présentés au cours de notre critique de l’OST, passons directement au morceau de Lost Odyssey. Une choriste fait alors son entrée sur scène et vient se placer à la droite du chef d’orchestre. Ce dernier capte alors l’attention des instrumentistes et lance alors le signal de départ. Des violons saccadés presque brutaux et un rythme de tambour militaire introduisent ce morceau. Les violons sont une fois de plus à l’honneur car c’est à ces derniers qu’incombe la précieuse tâche de jouer la mélodie principale. Tous ceux qui suivent avec plus ou moins d’attention l’actualité de Mistwalker ou de Lost Odyssey reconnaîtront sans peine ce qu’on suppose être le Main Theme de Lost Odyssey puisque cette même mélodie s’est vue maintes fois réarrangée à travers la plupart des trailers du jeu. La très belle mélodie jouée par des violons domine l’ensemble de l’orchestre mais le résultat reste un peu plat malgré les quelques envolées. Au bout de 1:30, la choriste entame sa prestation avec une harpe pour seul accompagnement. Sa superbe voix est un véritable submergement d’émotions. Viennent par la suite s’adjoindre des violons et autres instruments à cordes qui viennent soutenir cette impression d’émotion croissante jusqu’à l’envolée où tout l’orchestre reprend de plus belle le fameux thème, plus beau et plus puissant que jamais. Bien que nouveau, le morceau fut chaudement acclamé par le public, probablement ravi de voir Nobuo Uematsu toujours aussi en forme.

Vous pouvez également visionner la vidéo de ce morceau. Le son y est très correct mais sans pied de caméra et avec le zoom au maximum, la vidéo donne l’impression que le « caméraman » souffrait de la maladie de Parkinson. Ne soyez pas trop exigeant et essayez malgré tout de savourer au mieux cet instant musical.
[img]http://www.mistwalker-fr.info/design/defaut/icon.gif[/thumb] Téléchager la vidéo du morceau

Cette fois-ci, nous retournons dans l’univers de Final Fantasy tout en restant dans l’émotion puisque c’est de nouveau une pièce majeure de la série que l’orchestre va nous offrir. La scène qu’accompagnait cette musique a bouleversé des millions de joueurs et ceci principalement grâce au talent d’Uematsu qui en a véritablement sublimé la tragédie avec un thème absolument superbe. Les petits malins auront deviné que je parle du fabuleux Aerith’s Theme ! Les habitués du Reunion Tracks de Final Fantasy VII ne seront pas perdus car c’est de cet album qu’est tiré l’arrangement mais redécouvrir le morceau de cette manière est un pur moment de bonheur et d’extase auditif. Inutile de préciser à quel point la foule a manifesté son bonheur une fois le morceau fini…

La fin du concert approchait malheureusement à grand pas et entendre le tout premier morceau que Nobuo Uematsu a composé pour la saga nous l’a cruellement fait savoir. C’est quand même avec grand plaisir que s’offrit à nous le fameux thème nommé Final Fantasy, présent dans la quasi-totalité des épisodes de la série. Celui-ci ne manqua pas de faire frissonner de plaisir les joueurs présents et de leur rappeler de merveilleux souvenirs. Mais l’apogée du concert restait à venir…

Estuans interius, Ira vehement, Estuans interius, Ira vehementi. Sephiroth ! Je vous l’avais bien dit que les choristes reviendraient ! Comment mieux clôturer le concert qu’avec le tonitruant et génial One-Winged Angel ? On a beau l’avoir écouté des centaines de milliers de fois, jamais le morceau n’a eu autant d’envergure que lorsqu’un orchestre vous le joue sous les yeux. Violent, froid, impitoyable et surtout mémorable, aucun de ses adjectifs ne serait être un superlatif suffisamment juste pour définir combien le génie a traversé Uematsu lors de sa composition. Rarement un morceau du petit monde de la VGM n’a déchaîné autant de passion et de fascination. Si l’appréhension était présente durant les premières secondes du morceau, celle-ci s’est vite envolée devant l’interprétation clairement maîtrisée de l’orchestre et des chœurs. Ces derniers ont su faire vibrer une ultime fois la salle comme jamais auparavant puisque la jubilation et l’euphorie des fans éclata plus que de raison une fois le morceau achevé. Des applaudissements triomphaux et des hurlements de joie envahirent la salle et ceux-ci redoublèrent de puissance et de folie quand le Maître monta sur scène pour prendre le micro.

De gauche à droite, le chef d'orchestre, Nobuo Uematsu et son interprète.


« Le concert vous a-t-il plu ? » nous demanda alors Nobuo. La horde de fans, plus hystérique que jamais, lui fit entendre que oui. Ravi de l’apprendre, Uematsu déclara alors qu’il pouvait repartir heureux. Après avoir remercié chaleureusement le public et avoir serré la main au premier violon ainsi qu’au chef d’orchestre, Uematsu s’en alla sous les acclamations d’un public encore ému et indescriptiblement heureux d’avoir pu assister à un tel évènement et surtout d’avoir pu rencontrer le moustachu de génie qu’est Nobuo Uematsu.

Conclusion

Comblé. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit au moment de quitter la salle de concert. Profondément heureux d’avoir enfin pu rencontrer le compositeur que j’admire plus que n’importe quel autre depuis des années, je suis reparti de la Fortezza da Basso ému et pleinement conquis. S’il est vrai qu’on pourrait reprocher à ce concert un certain manque de surprise, force est de reconnaître que pour un premier concert en Italie, Nobuo n’a pas fait les choses à moitié puisqu’il a amené avec lui des compositions figurant parmi les plus belles de sa discographie et nous a même fait l’honneur de nous faire découvrir un morceau de Lost Odyssey, une piste encore rarement interprétée en concert. Et puis, quel fan du moustachu serait un jour blasé d’assister à la représentation symphonique d’un One-Winged Angel ou d’un Liberi Fatali ? Avant de se retirer, Nobuo Uematsu a déclaré sur scène qu’il aurait aimé nous montrer beaucoup d’autres de ses compositions et qu’il espérerait pouvoir revenir en Italie pour partager de nouveaux moments musicaux avec ses fans. C’est bien beau tout ça mais n’oublie pas que la France t’attend elle aussi, Nobuo !

Souvenirs de Florence


Je profite de cet article pour vous rappeler les travaux sur lesquels planche actuellement Uematsu et les dates de sorties de ses prochaines œuvres. Deux nouvelles OSTs sont attendues pour le 19 Décembre. La première, très attendue, n’est autre que celle de Lost Odyssey, longue de 2 CDs au total et pour laquelle Uematsu a déclaré avoir utilisé une grande variété d’instruments. La deuxième est la bande originale d’un jeu d’aventure/enquête sur PSP nommé Anata Wo Yurunasai où Uematsu s’est essayé à quelque chose de plus jazzy afin de correspondre au mieux à l’ambiance du jeu. N’hésitez pas à vous rendre sur ce lien afin de visionner plusieurs trailers où l’on peut y entendre des extraits très encourageants. Viennent ensuite plusieurs projets d’OSTs pour Mistwalker puisque le moustachu compose en ce moment les musiques de Cry oN (prévu sur 360) ainsi que les musiques de Blue Dragon DS et de AWAY, tous deux prévus sur Nintendo DS. Que les fans de Black Mages se rassurent, le troisième album du groupe est toujours en cours de réalisation et sera composée de 2 CDs. Le premier CD, à l’instar des deux premiers opus, sera une réunion de reprises de morceaux Final Fantasy à la sauce Rock et sur le deuxième CD se retrouveront des compositions originales d'Opéra Rock basé sur les mythologies Japonaises. A l'occasion du remake de Final Fantasy IV sur Nintendo DS, l'OST de ce dernier a été entièrement réarrangée par Junya Nakano et comprendra 2 CDs où l'on pourra retrouver une version chantée du fabuleux Theme of Love, arrangée pour l'occasion. Entre tous ces projets, Uematsu devra également trouver le temps de composer la chanson thème de Final Fantasy XIII. Pour vous tenir au courant de l’actualité de Nobuo Uematsu, n’hésitez pas à visiter le blog officiel du label d’Uematsu, Dog Ear Records. Pour vous y rendre, cliquez ici.

Il ne nous reste plus qu’à souhaiter bon courage à notre cher Nobuo, en espérant que son talent et ses compositions nous fassent encore rêver de longues années…

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